jeudi, novembre 24, 2011

les 100 ans de ma mamie.


Mamie,

Je ne sais pas comment commencer ce feuillet, car j’ai un millier de sentiments qui s’entrechoquent dans mon crâne et j’ai besoin de les évacuer.

Je vais donc aller chercher au fond de moi-même, l’enfant de 9/10 ans qui venait faire ses devoirs tous les soirs chez toi.

tu m’as pris en main lorsque j’étais en CE2 je crois.. mes résultats scolaires étaient alors plus que médiocres, car je n’avais pas goût à l’école et avais besoin de quelqu'un derrière moi pour me faire travailler. Je me souviens, j’arrivais chez toi et tout de suite, nous goûtions… c’est toi qui m’a appris à tremper mes tartines de rillettes dans mon chocolat chaud ou alors tu m'envoyais allé me chercher un flan à la boulangerie du petit pont. Ensuite, nous nous mettions au travail et ta présence rassurante m’aidait à me poser sur mes devoirs. Tes petites anecdotes et tes moyens mnémotechniques m’ont été très utiles et je me souviens encore très bien d’une phrase que tu m’as apprise à cette époque pour connaitre les principaux auteurs du 17ème siècle : "une corneille perchée sur une racine de bruyère, boileau de la fontaine de molière"… En l’espace de 1 an de travail, je suis remonté parmi les 3 ou 4 premiers de la classe, puis j’ai même été une fois premier ex-aequo avec mon copain Thomas en CM2. Nous nous rendions service l’un et l’autre ; je t’apportais de la compagnie et toi ta rigueur et ta discipline. Sans me rendre compte de la chance que j’avais à l’époque, j’évoluais dans un univers artistique peu commun… aimant aller trainer dans ton atelier et celui de papy… il y avait là aussi, mille étrangetés et mes yeux avaient du mal à se poser sur l’une ou telle chose. Tu peignais encore. Je trouvais ça beau déjà à l'époque… mais "sans plus"; mes yeux d’enfants étaient trop jeunes pour s'émerveiller et se rendre compte de la beauté de tous ces trésors.

au collège, je ne suis plus venu te rendre visite en dehors du repas dominical que nous avons fait jusqu'à ton départ en maison de retraite (ou si peu) et j’ai continué ma scolarité tant bien que mal… toujours sur "mes acquis de fin de primaire". Il faut croire qu’ils n’ont pas suffit pour obtenir mon BAC Littéraire !! quel gâchis.. certes.

Après l’armée, je suis revenu à Sablé pour me reconstruire avec ma future femme Laure et là encore, tu nous as proposé une solution incroyable pour notre couple que nos parents ne tenaient pas à héberger plus que ça… tu nous as confié les clefs de l’ancien logement de madame Bouhours qui était au RDC de ta maison. Nous y sommes restés 3 ans quand même et ça m'a permis de repartir sur de bons rails en faisant une formation d'animateur… nous l’avons quitté pour une nouvelle vie en 2007. Je ne sais plus si je t'ai remercié pour tout ça ?

Aujourd’hui, tu as 100 ans. Et je ne pensais pas que ça me ferai cet effet… j’ai un énorme cas de conscience et la peur de ne pas pouvoir te communiquer toute l’affection et la reconnaissance que j’ai pour toi. Merci pour tout mamie. Je t’aime.

Je sais que tu es toujours en vie, mais tu liras ça tranquillement avec papy qui t’a quitté trop tôt et que tu as hâte de retrouver depuis de nombreuses années déjà… (il est mort en 1984 papy Miklos). Je vous vois tous les deux à Berder sur une chaise longue ou en train de "croquer" un arbre pittoresque de notre Ile paradisiaque.

Vous nous laissez tous deux un énorme héritage pictural et une fierté infinie !!

Comment aurai je pu tomber mieux que dans cette famille ?? l’ esthète que je suis devenu au fil des années mesure aujourd’hui la chance que j’ai d’être, avec mes parents et mon frère et ma sœur, le témoin et la mémoire de ton œuvre. Chose que nous allons prendre en main très vite. J’aurai aimé que les choses soient prêtes pour tes 100 ans et je m’en veux de ne pas avoir trouvé le temps d’avancer dans nos projets autour de ton futur site. Mais nous regrouperons très prochainement les fans et autres admirateurs de ton travail !

Je tiens d’ailleurs, puisqu’on en parle, à remercier Raymonde Gobba, l'une de tes plus grandes admiratrices, avec qui nous entretenons de très bonnes relations et qui nous donne envie à chaque message échangé de porter ton nom et ton œuvre aussi haut qu’il le mérite. Elle nous fait prendre conscience aussi à quel point il est important de centraliser cette petite communauté d'admirateurs.

je t'embrasse très affectueusement.

à Samedi.

quelques illustrations de Jeanne Lagarde:

(et oui.. y en a qui peuvent se poser des questions... le pouvoir de l'inconscient ??^^)




1 Comments:

Blogger Mr Hyde said...

Magnifique témoignage, on en a des "vrisons" (comme dirait mère grand)!

9:50 PM  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home